C'est l'histoire de... est un blog ayant pour but de critiquer des animes ou films issus de l'animation. Les critiques sont publiées tous les dimanche. Les vidéos de la semaine sont publiées tous les mercredi. N'hésitez pas à conseiller et critiquer à travers les commentaires.
C’est l’histoire d’amies séparées par la mort.
Au moment de sa mort, si un être humain ressent une forte émotion (amour, peur, haine…) il est autorisé à écrire à la personne qu’il souhaite une lettre appelée Shigofumi. Fumika est celle qui est chargée d’assurer la transmission de ces messages à leur destinataire. – source : Animeka –
Année de production : 2008
Studio : J.C Staff
Auteurs : Amamiya Ryo ; Yuzawa Tomorrow
Durée : 12 épisodes de 25 minutes + 1 OAV de 25 minute
Le scénario de Shigofumi est d’apparences simples mais il nous porte et nous touche avec une simplicité rare. Il se décline sous la forme de petites histoires tournant autour de personnages qui reçoivent une shigofumi de la part de Fumika. Ces histoires sont extrêmement bien mises en scène et transmettent leurs émotions sans superficialité et mélodramatisme inutile. Ils font apparaitre la faiblesse humaine sous un angle réaliste et non manichéen. Bien vite, on se rend compte que ces scénarios se rapprochent plus ou moins et apparait une trame plus complexe autours du personnage principal. Fumika correspond bien au postulat de base, en tant que messagère des morts, elle porte un air grave et pragmatique allant bien à la fonction. Le personnage de Kanaka fait un contrepoids parfait à cette figure fermée grâce à des réflexions pleines de vie. La galerie de personnage s’étoffe rapidement, avec notamment Chiaki, aussi agréable que touchante. L’univers en lui-même est intéressant, surtout le monde des morts que l’on entraperçoit mais qu’on n’explique jamais véritablement. Ce scénario, dur mais touchant avec une grande pudeur, est le point fort de cet anime qui m’a réellement impressionné. Un tel univers aurait pu être élargi à plus d’une douzaine d’épisodes, mais la tenue du scénario est telle qu’on ne peut regretter d’avoir privilégié l’intensité à la longueur.
La réalisation est assez classique. Partant d’un light novel, les caractéristiques des personnages et leur design n’étaient pas gravés dans le marbre. Ces derniers restent toutefois originaux et facilement identifiables. L’animation est de bonne qualité et la mise en scène efficace. La technique suit donc bien son rôle qui lui est donné, il met en valeur le scénario et n’affiche pas de prétentions inutiles. Elle est constante et rien n’est bâclé. Les environnements sont également classiques et caractéristiques d’un anime contemporain se déroulant au Japon.
L’ambiance sonore est d’abord marquée par un opening au fonctionnement classique mais porté par ALI PROJECT avec une musique entrainante. Aux sonorités rappelant agréablement les endings de Code Geass, le ton n’est au premier abord pas adapté à l’ambiance de l’anime. L’ending, quant à lui, est calme est mélancolique. Bien vite, on comprend que cela est parfaitement maitrisé et un tel paradoxe se retrouve dans toute l’ambiance sonore de la série. L’opposition d’un doubleur à la voix calme et d’un doubleur enjoué est constante. On citera notamment Fumika/Kanaka ou Chiaki/Matoma. Cela est parfaitement adéquat à une série qui traite de sujets durs mais qui arrive à conserver des moments joyeux et pleins d’espoir. Vous l’aurez compris, le choix des doubleurs est également très bon et leur interprétation n’est en rien critiquable.
Finalement, Shigofumi est une découverte des plus agréables. Touchant, le scénario est excellent et présente l’Homme sous une double vision entre pessimisme et espoir. La réalisation est bonne et constante et nous embarque dans un univers où le fantastique n’a rien de choquant. On suit avec plaisir le travail de Fumika et les péripéties qui entourent sa vie, ou plutôt sa mort.
Merci à la Team Requiem pour avoir travaillé sur cette série.