C'est l'histoire de... est un blog ayant pour but de critiquer des animes ou films issus de l'animation. Les critiques sont publiées tous les dimanche. Les vidéos de la semaine sont publiées tous les mercredi. N'hésitez pas à conseiller et critiquer à travers les commentaires.
C’est l’histoire d’une femme luttant pour la liberté des livres.
Depuis plus de 30 ans, le Japon s’est doté d’un Comité d’Amélioration des Médias pour lutter contre les messages pouvant avoir une mauvaise influence sur la jeunesse. Face à une censure de plus en plus violente et autoritaire, les bibliothèques se sont armées. Depuis, l’antagonisme entre les deux forces ne fait qu’augmenter au sein d’une guerre ouverte. Kasahara Iku est une jeune femme qui s’est engagée dans ce corps après avoir été sauvée par un de ces membres durant ses années de lycée. Sous les ordres de l’instructeur Dojo, elle commence sa lutte pour la liberté d’expression.
Année de production : 2008
Studio : Production I.G
Auteur : Arikawa Hiro
Durée : 12 épisodes de 25 minutes + 1 spécial de 25 minutes
Toshokan Sensou se devine très vite comme un de ces animes qui, sous de faux airs de légèreté, nous livre un enseignement précieux. Le cadre fictionnel est réaliste et nous fait clairement voir le début d’une dystopie. L’organisation des deux partis belligérants, les règles sous lesquelles ils s’affrontent, sont clairement énoncées dès le début et ne nous laissent pas de traces d’ombre. Le background devient un outil efficace mais pas la pierre angulaire des retournements de situations et des cliffhangers. Pour cela, l’autre grande réussite de la série s’en charge : les personnages. Kasahara est un personnage central réussit et foncièrement réaliste. Cette « idiote idéaliste » est rafraichissante et évolue au fil des épisodes en suivant un chemin classique mais maitrisé. Si le format de 12 épisodes met inévitablement les personnages secondaires en retrait, le scénario ouvre des pistes intéressantes pour ne pas les limiter à une seule facette de leur personnalité. L’instructeur Dojo est également un personnage aux réactions en accord parfait avec ses fonctions de militaire et de supérieur malgré son affection indéniable pour Kasahara. Le rythme du scénario prend le parti de proposer des histoires relativement indépendantes sans fil rouge. Au vu du format de 12 épisodes, ce choix est à mon avis judicieux pour ne pas proposer un conflit certes plus développés mais qui aurait pu se perdre derrière le développement des personnages. Une des surprises les plus agréables de la série est le traitement de la situation de guerre. La série est parfaitement consciente du ridicule de la situation et de l’horreur d’une telle guerre civile. Le sujet est abordé par petites doses mais avec une justesse étonnante. Notons également des références à des œuvres contemporaines, comme pour rapprocher la situation fictionnel de notre réalité.
La réalisation est soignée et présente des caractéristiques originales. Ainsi, si le chara-design a beaucoup de « faux airs de… », il se démarque par une technique originale via des traits plus marqués et des couleurs plus vives. Les décors sont variés et agréables et nous présentent un environnement réaliste. Les scènes de combat qu’elles soient au corps-à-corps ou lors des batailles sont soignées et ne nous laissent pas dans la confusion. Il est intéressant de voir que du SD ou d’autres procédés comme l’animalisation sont utilisés régulièrement mais par très petites touches. Cela donne une dimension de décalage intéressant entre légèreté de la vie quotidienne et âpreté des combats.
L’ambiance sonore est quant à elle plus classique. Les génériques n’ont rien d’exceptionnels et la bande musicale en générale non plus. Les doubleurs sont de qualités, notamment Kasahara avec Inoue Marina habituée aux rôles enjoués (Yoko de Gurren Lagann, Kanna de Minami-ke).
Finalement, Toshokan Sensou est une excellente surprise. A la réalisation et aux personnages frais, la série arrive à traiter un sujet sensible en l’exacerbant au maximum. La situation de guerre est omniprésente mais n’est pas oppressante. La balance entre joie et tristesse est bien faite et nous offre au final un rythme maitrisé. A conseiller autant pour ses qualités scénaristiques et techniques.
Merci à la Team Requiem d'avoir proposé cette série.